Portraits d’artistes #7

Johanna Klarsfeld fait de la terre un art

Pour le dernier portrait de cette série, consacrée à la découverte des univers variés des artistes de l’équipe pédagogique de ses ateliers d’Arts plastiques, la Maison des Arts vous propose de partir à la rencontre de Johanna Klarsfeld. De son activité d’enseignante, à son travail de sculptrice et céramiste, l’art prend formes, textures et volume, sous les mains de cette artiste passionnée, et celles de ses élèves.

    C’est en Pologne, son pays natal, que Johanna Klarsfeld débute sa formation et son parcours de plasticienne et céramiste au travers d’études d’arts appliqués puis, au cours de ses nombreux voyages et séjours à travers le monde, plusieurs formations de spécialisation à la céramique, notamment en Allemagne, au Japon puis en France, au sein de l’atelier de Diana Berryer. C’est au fil de ces découvertes, ces rencontres nourrissant sa passion et son inspiration, que Johanna développe l’exigence de son travail artistique et son œuvre personnelle, mettant à l’honneur le jeu entre des textures sobres, mettant en valeur le lien entre l’art, la création esthétique et l’enfance.

         

    Ce thème majeur, sans doute, n’est pas étranger à la naissance du goût de Johanna pour la pédagogie. Depuis plus de 25 ans, elle dirige en effet des ateliers d’initiation à la céramique dans des Hauts-de-Seine et intervient régulièrement dans les écoles de différentes communes. Au travers de séances construites autour du jeu, les artistes en herbe s’épanouissent et apprennent, au fil du récit et de l’écoute de Johanna, à capturer leur propre inspiration et à lui donner forme, le temps d’un moment de création.

    De la terre naît la couleur

    C’est à l’exploration de ce lien fragile et éphémère, entre jeu, imagination et création qu’a choisi d’inviter cette année les élèves adultes de modelage-céramique de la Maison des Arts – qu’elle a rejoint en 2016– à travers la création de pièces uniques en céramique. Travail des formes, des couleurs et fonctions de l’objet sont au programme, à commencer par la découverte de la matière « première » : l’argile, que Johanna affectionne particulièrement. « D'une grande plasticité, la terre répond immédiatement aux mouvements de la main : on peut la malaxer, la frapper, l'aplatir, la déformer, la fragmenter, y faire des empreintes... puis, si nécessaire, la reconstituer et recommencer une nouvelle action. », explique Johanna, dont la détermination à accompagner ses élèves demeure intacte, depuis le début de la crise sanitaire.

    Dans le cadre des cours à distance, la Maison des Arts a en effet pris les dispositions nécessaires pour que ces derniers puissent continuer de pratiquer le modelage, depuis chez eux, avec une distribution de matériel organisée dans le respect des gestes barrière, ainsi que des échanges par téléphone et visio avec leur professeur.
    Invités à laisser libre cours à leur inspiration dans la création de leurs pièces, alliant esthétique personnelle et fonction utilitaire, les élèves se forment au travail de la plaque ou du colombin, avant de procéder à leur mise en couleurs.

    « Les pièces obtenues sont cuites après un long séchage, une première fois dans un four à 980°C. Selon la nature des objets, il est possible de les patiner et de les émailler avec des colorants à base d'oxydes minéraux qui donneront après une cuisson supplémentaire entre 1000° C et 1280° C des coloris chatoyants. », explique Johanna.