Prendre conscience du pouvoir des mots

La Médiathèque Jean d'Ormesson vient de lancer un nouveau concept sur le modèle des concours d'éloquence qui fleurissent dans les Universités : les Master class éloquence. Des élèves de collèges et de lycées auront la chance de bénéficier tous les mois des conseils prodigués par des intervenants de haut vol issus du monde des lettres, du théâtre, et de l'entreprise, au fil des deux thématiques "Dire les mots" et "Argumenter et convaincre".

     

    « L’éloquence est un art, l’attribut du pouvoir et une vieille tradition nationale » Joseph de Maistre

     

    • « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. » L’Art poétique de Nicolas Boileau-Despréaux (1674)

    La Médiathèque Jean d’Ormesson, déjà pleinement engagée dans la défense de la Langue française, en organisant notamment la Dictée du Plessis-Robinson chaque année, a souhaité enrichir son action en lançant son projet de Master class Eloquence. Très à la mode aujourd’hui et connus notamment grâce au concours des avocats de Paris, les concours d’éloquence ne se limitent plus à cette filière et fleurissent aujourd’hui dans toutes les universités. La maîtrise du verbe est fondamentale non seulement parce qu’elle permet de développer un amour des mots, mais aussi parce qu’elle donne aux étudiants une assurance, le pouvoir de défendre ce qu’ils sont et leurs convictions, et une aisance particulièrement appréciée dans le milieu professionnel.  

    « Il est important que les étudiants apprennent à exposer leurs idées », explique Juliette Dross, maître de conférences à la Sorbonne en langue et littérature latine, l’une des responsables de Fleurs d’éloquence. « Il y a de plus en plus de métiers où l’on est amené à présenter des projets ou une stratégie devant un comité de direction, des clients ou des prestataires, rappelle Marie-Ange Laurier, consultante à l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Les étudiants qui se frottent à ces concours arrivent rodés en entreprise. Ils maîtrisent leur communication, gèrent leurs émotions. Ils sont prêts à défendre un point de vue et, surtout, savent analyser la mécanique d’argumentation de leur interlocuteur pour proposer des contre-arguments. Qu’ils deviennent vendeurs ou manageurs, c’est une compétence qui rassure les entreprises. »

    • L’objectif des Master Class

    Les Master Class autour de l’éloquence initieront collégiens et lycéens aux fondamentaux de l’art oratoire et de la rhétorique à travers une séance mensuelle, dans la perspective d’un oral pour un examen, d’un futur entretien d’embauche, ou bien encore pour le simple plaisir. Cette initiation sera l’occasion d’aborder à la fois la forme (voix, gestuelle…) et le fond (argumentation, réfutation, formule de rhétorique…).

    La Médiathèque Jean d’Ormesson a invité des professionnels aguerris aux parcours riches et variés, issus du monde des lettres, des entreprises, du théâtre, du milieu juridique, afin qu’ils puissent partager leurs expériences et former ces jeunes autour de deux thématiques : « dire les mots » et « argumenter-convaincre ».

    Langage et développement personnel

    Permettre le déclic

    Le plaisir des mots s’acquiert de multiples façons. Et c’est très tôt que l’on se familiarise avec l’écriture, grâce à la lecture, bien sûr, mais aussi grâce à l’école, d’où le rôle important des familles et des enseignants. On a souvent tendance à ramener la maîtrise de la langue à sa seule dimension écrite. Mettre en sourdine le rôle que peut prendre la transmission orale c’est effacer sa vocation initiale, celle d’être un instrument de dialogue, c’est oublier que sa diffusion passe aussi par l’échange. Qui ne s’est pas déjà extasié sur la musicalité d’une langue, qualifiée de chantante ? Pour que le français continue d’être une langue vivante, pour qu’il rayonne et que les mots raisonnent comme un chant, il faut qu’il soit incarné et porté à l’oral par les voix de chacun, d’où le développement des joutes littéraires et des concours d’éloquence. II suffit parfois d’une rencontre pour provoquer un déclic, comme dans le cas d’Elhadj Toure, demi-finaliste du concours Eloquentia Saint-Denis 2015, héros du documentaire A voix haute de Stéphane de Freitas. Elevé en banlieue, il ne pensait pas participer un jour à un concours d’éloquence. Pourtant, sa rencontre avec des professeurs de français va être déterminante. Grâce à eux, il va tomber amoureux des mots. Dans ce documentaire, le réalisateur a souhaité prouver que l’on peut se nourrir, gagner en confiance, et grandir par les mots.

    Les intervenants

    Clémentine BEAUVAIS

    Clémentine Beauvais est une écrivaine française, née le 6 janvier 1989. Elle vit actuellement à Cambridge (Royaume-Uni) où elle est enseignante-chercheuse en sociologie et philosophie de l’enfance à l'Université d'York.

    Elle a remporté plusieurs prix en littérature, notamment pour Les Petites Reines.

    Maître Typhanie BOURDOT

    Avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence du Barreau de VERSAILLES 

    Brigitte LABBE

    Brigitte Labbé se consacre à la philosophie depuis quinze ans. Passionnée par les questionnements des enfants, elle a créé spécialement pour eux la première collection de philosophie, "Les Goûters philo". Guidée par les cours de philosophie de Michel Puech et de Pierre-François Dupont-Beurier, elle écrit chaque jour, sauf quand elle sillonne la France et le monde, à la rencontre des enfants.

    Nicolas LOBEY

    Formateur en entreprise

    Franck PAITEL

    Il fait partie de la compagnie ARCANE

    Artiste interprète • Auteur • Metteur en scène

    Jacques VINCENT

    Ex-vice-président de Danone, président de la fondation « Acteur de mon avenir ».

    Sa motivation : faire quelque chose de concret pour diminuer le nombre de jeunes qui sortent, chaque année, du système scolaire sans diplôme. Ses convictions : tout jeune a un potentiel à exploiter et des talents à développer, tout jeune est capable de  se bâtir un avenir

    Son choix : donner des moyens à des jeunes pour que leur choix d'une filière professionnelle soit la voie de leur réussite scolaire et personnelle.

    Les participants:

    36 élèves de 4e du Collège Romand Rolland, formation intervenant dans le cadre du cours Langues et Cultures de l'Antiquité (LCA) : classe d'éloquence.

    40 élèves de secondes du Lycée Montesquieu, formation intervenant dans le cadre de l’option Littérature et Société.

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